boblafoudre

San Francisco & Silicon Valley – Part 25 – Lundi 5 novembre 2007

In San Francisco & Silicon Valley on 1 décembre, 2007 at 9:10

Hello! Nous sommes bien rentrés en Suisse, avons repris et commencé nos emplois respectifs, et déjà revu quelques amis. Peut-être est-ce un effet du décalage horaire: je ne parviens plus à dormir depuis 4h30 ce matin (a posteriori: je finis ce post une semaine après la rédaction de ce passage). J’ai essayé de lire un peu puis de me recoucher, mais rien n’y fait. Donc je suis descendu dans la salle à manger, ai feuilleté quelques pages d’une bande dessinée (officiellement “roman graphique“) puis ai pris la décision d’écrire la suite de ce blog. A aucun moment, bien évidemment, ai-je envisagé de la stopper au milieu de notre épopée, mais cela aurait facilement pu arriver. Je pense que chacun sait de quoi je parle. Je suis moi-même arrivé il y a quelques jours sur un blog dont les auteurs avaient comme nous fait un voyage de plusieurs semaines, comme nous relatés quelques événements de leur quotidien, et comme nous eu à subir un décalage croissant entre les événements vécus et leur rédaction. Le dernier article disait “nous sommes bien rentrés et impatient de vous raconter la suite” et s’arrêtait là, en janvier 2007. De notre côté, nous serons très heureux, plus tard, de pouvoir nous souvenir en détails de ce voyage. Et peut-être que quelques parents et amis s’intéressent à la suite de nos aventures…

De San Francisco…

En ce lundi, Sarah doit rencontrer les gens du laboratoire de robotique de l’université de Stanford. Inutile de préciser qu’elle est légèrement agitée et que nous devons nous lever très tôt. Nous nous rendons à pied à l’université, très proche de notre motel, et en profitons pour nous balader sur le campus. Celui-ci est très étendu, avec un nombre faible de batiments dépassant deux à trois étages. Le style de ces batiments est très particulier et rend l’endroit agréable à vivre. Ils sont en général construits en terre ocre ou brune, et les toits sont faits de tuiles rouges. L’ensemble est cohérent est offre un sentiment de quiétude, ajouté à une végétation importante et omni-présente, ainsi qu’à l’interdiction aux véhicules privés (à l’exception des vélos) de circuler.

De San Francisco…

Nous entrons dans le campus par le nord où se situent les installations sportives. Des terrains de football, rugby, des bassins de natation, un plongeoir et d’autres lieux de sports parsèment notre chemin: on se croirait dans un film (américain). Nous apercevons de loin le stade de football américain du club, que j’essaierai mais ne pourrai pas visiter. Une photo prise depuis la tour Hoover (la capacité du stade est de 50000 personnes et il y a un arrêt de train utilisé uniquement les soirs de match):

De San Francisco…

Nous arrivons ensuite sur la “Serra Mall”, une des routes importantes traversant le campus, et la longeons jusqu’au “Williams Gates Computer Science” building où se trouve le laboratoire. Malheureusement, le Professeur que Sarah doit rencontrer n’est pas encore arrivé et nous repartons nous balader, et grimpons notamment sur la tour Hoover qui nous permettra d’avoir un superbe aperçu du campus.

De San Francisco…

Et ça c’est le batiment des mathématiques:

De San Francisco…

De l’autre côté:

De San Francisco…

Nous allons également dans une des très nombreuses bibliothèques, afin de relever nos mails (!) et mettre à jour le blog (!!!), puis retournons au laboratoire où Sarah me quitte pour aller travailler. Je continue ma tournée sur le campus, et passe par le Stanford bookstore, où j’achète des souvenirs stupides à l’éfigie de l’école et quelques livres (dont Jimmy Corrigan: The Smartest Kid on Earth, une des oeuvres les plus sincères et puissantes que je connaisse). Puis je saute dans un bus au hasard et continue mon périple jusqu’à arriver au centre commercial de Stanford. En effet, nous avions prévu de faire des achats pour profiter de la mini-cuisine dans notre chambre et faire quelques économies et je veux savoir à quoi ressemble le centre commercial d’une université américaine.

Après avoir traversé un parking pour aller de l’arrêt de bus au centre commercial, je me trouve dans un alignement circulaire de magasins de luxe au milieu duquel trône un macy’s. Je cherche un simple supermarché et réalise peu à peu, tout en me déplaçant avec mes sacs encombrants, que ça va être difficile. Je quitte le centre et m’approche d’un batiment un peu à l’écart, après avoir traversé un immense parking et longé des magasins de complets masculins ou de parfums, qui se révèle être un magasin de meubles de luxe. Encore un peu plus loin, je trouve un supermarché. Bonne et mauvaise surprise: celui-ci se révèle être le pendant américain du supermarché de globus, soit des produits d’excellente qualité au prix de produits d’excellente qualité, bien exposés dans un cadre chatoyant.

Un petit moment plus tard, croulant sous les sacs de commissions, je me dirigie vers un arrêt de bus qui me dépose loin de notre hôtel, auquel j’arrive lessivé. En effet, passé un délai allant de quelques minutes à une ou deux heures, je fatigue à une vitesse croissant exponentiellement lorsque je dois faire les courses ou me déplacer en ville, à pied, en voiture ou en transports publics. Je m’énerve – ou m’agace – également très vite pendant ce temps. Dans ces conditions, le retour à la chambre est une délivrance. Pour des raisons purement masochistes (parce qu’il nous reste encore assez de linge propre), je mets tout notre linge sale dans un sac et retourne sur mes pas jusqu’à une laverie. L’endroit est un peu sale, mais je ne veux plus marcher. J’avais acheté de la lessive et était allé à la banque changer des dollars en quarter et bien évidemment, dans la laverie je trouve un changeur de dollars en monnaie, à côté d’un distributeur de de doses de lessive. Je patiente en lisant le San Francisco Bay Guardian, journal gratuit à l’information pertinente, avec de nombreuses bonnes critiques de disques, films et concerts à venir. Le genre de journal qu’on rêverait de voir remplacer les bouses que sont nos quotidiens et autres journaux gratuits, daily rock compris. Je rentre avec notre linge mouillé (l’argent mis dans les séchoirs ne sert visiblement qu’à les faire faire du bruit).

Sarah a laissé un message à la réception: le Professeur du laboratoire invite tout le monde le soir même à aller manger des sushis, moi compris. Nous nous y rendons en compagnie d’Allison et Roland, qui travaille dans le laboratoire et auparavant a étudié à l’EPFL. Allison a également étudié en Suisse avant de rentrer aux Etats-Unis avec Roland. Elle nous propose de nous mettre en contact avec Amber, sa petite soeur, qui habite à Brooklyn (nous dormirons chez elle quatre nuits). Au restaurant, les gens du laboratoire et toutes les autres personnes également invitées sont des plus gentils et drôles. Les sushis sont excellents (désolé, pas de photo) et je mange plein de trucs que je n’aurais jamais eu l’idée de commander, et qui se révèlent être très bons. Expérience à retenter. Puis nous allons dans le café situé en face. L’expresso y est excellent. Important! il faut toujours demander des expressos en Amérique, sinon la commande n’est pas vraiment du café, mais plutôt de l’eau chaude avec un goût de café. Et ça n’est pas bon. Et ça prend une heure à le finir parce qu’au début il est beaucoup trop chaud et ensuite beaucoup trop mauvais.

Roland et Allison nous ramènent en voiture et nous allons nous coucher après avoir noté qu’aucun de nos habits étendus au hasard ne semble être sec. Correction d’après mes notes: je prends environ trois heures pour écrire deux articles et ensuite vais me coucher. Sarah était très contente de sa journée, mais ça n’a pas suffi à la garder éveillée et elle dort depuis longtemps.

Nintendo nerditude

In Divers on 1 décembre, 2007 at 7:56

Hello!

Oui oui j’essaie de mettre à jour le blog. Peut-être même que je pourrai poster ce soir un article sur notre voyage (encore une quinzaine… ça va pas être facile). En attendant, j’ai cette superbe vidéo que je suis obligé de partager (merci Arnaud!) et qui devrait plaire – dans le désordre – à Francesco, Jérémie, Jim, Fabrice, et j’en oublie. C’est une chronique de dragon’s lair, sorti sur NES à l’époque où je ne savais pas encore résoudre d’équations différentielles (maintenant ça va un petit peu mieux).

http://www.gametrailers.com/player/28184.html

http://lgrm.blogspot.com/2007/08/angry-nintendo-nerd-mckids.html

San Francisco & Silicon Valley – Part 24 – Dimanche 4 novembre 2007

In San Francisco & Silicon Valley on 18 novembre, 2007 at 11:18

Un dernier post pour la route: Sarah dort encore, et Greg, qui vient d’arriver et que je n’avais plus vu depuis une éternité, est allé se coucher. Il est parti hier à minuit de Seattle et ne peut pas dormir dans l’avion, tout comme moi. Donc j’en profite pour donner l’introduction à notre séjour dans la Silicon Valley.

Je m’imaginais difficilement la Silicon Valley avant d’y aller. Il s’y réalise des inventions incroyables et ça doit se voir un peu partout. Il doit y avoir des ordinateurs en libre accès, des gens avec des téléphones spéciaux et des gadgets électroniques, des plaquettes commémoratives un peu partout, les pavés des rues en or (ou en silicone), des rues avec des entreprises prestigieuses à la file, etc. En réalité, c’est propre. Et, surtout, il ne se passe rien: personne dans les rues, pas d’agitation, rien. Des successions de villes mortes, à l’exception des heures d’arrivée et de départ du travail, pendant lesquels un surplus de trafic apparait, et quelques quartiers qui s’agitent un peu le soir (rien comparé à San Francisco ou New York, voire même San Diego…).

Nous arrivons à San Jose, capitale de la Silicon Valley, où l’on trouve les sièges de Adobe et HP entre autres. La ville est une des dix plus grandes des Etats-Unis mais elle est très jeune: son développement rapide s’est fait grâce à l’incroyable croissance économique des entreprises du coin. Pour preuve: de tous les clubs sportifs importants de San Jose, le plus vieux existe depuis moins de vingt ans. Depuis la gare des greyhound, nous avons à marcher quelques centaines de mètres jusqu’au tramway – neuf et si propre qu’on se croirait à disneyland – pour enfin rejoindre la gare ferroviaire du CalTrain: un train qui relie San Jose à San Francisco.

La tradition du train s’est perdue aux Etats-Unis, nous avions déjà pu le remarquer lors de notre petit périple entre San Diego et Solana Beach. Pas d’horaires dans la gare ni sur les quais. Pas non plus de panneau indiquant les voies ou les destinations. Nous patientons sur le quai avant de voir arriver un train depuis le nord, donc provenant de San Francisco, la direction que nous devons prendre. Nous sommes plusieurs sur le quai et personne ne bouge. Intérieurement, c’est un peu la panique car nous ne nous sommes pas renseignés à l’avance du fonctionnement de cette ligne ferroviaire, et patientons depuis bientôt une demi-heure. Une employée surprend mon désarroi et nous indique que c’est bien le train en direction de San Francisco (San Jose est en réalité le terminus de la ligne 90% du temps) et nous y montons.

En observant une carte des lignes ferroviaires américaines, on peut remarquer que de nombreux tronçons sont isolés: par exemple, il n’y a pas de liaison entre Los Angeles et San Jose alors qu’il y a deux lignes faisant le sud et le nord de la côté ouest californienne, et qu’elles sont possédées par la même entreprise! Il n’y en a vraiment que pour la voiture et l’avion ici.

Nous décidons de l’arrêt auquel descendre selon l’intuition de Sarah. Les wagons sont composés de deux étages et plutôt bien adaptés aux personnes à mobilité réduite. Les contrôleurs sont plus sympathiques qu’au sud. Par contre, le train oscille énormément et, en comparaison, le trajet Neuchâtel-Bienne parait aussi confortable que de voyager en limousine (à condition que ce ne soit pas à New York). Dans le train, nous trouvons des prospectus dont celui des horaires, qui donne un peu de sens au fonctionnement de la ligne ferroviaire, ainsi qu’une brochure publicitaire pour les San Jose Sharks, équipe de hockey locale. Je réalise, à la vue de leur logo que j’ai porté une casquette à leur image pendant plusieurs années. C’était même ma première casquette fétiche.

Nous descendons à l’arrêt “California Avenue”, tout à fait désert: il n’y a pas de constructions, personne sur le quai et personne ne descendant du train. Nous marchons un peu jusqu’à atteindre quelques maisons et un giratoire, où il n’y a ni personnes ni voitures. Ni taxis. Ni carte de l’endroit. Après avoir tourné en rond quelques minutes (ni numéro de téléphone des taxis dans les cabines téléphoniques), Sarah prend l’initiative de demander à une femme portant un pull à l’effigie d’une université californienne dans quelle direction nous devons aller. Celle-ci l’invite chez elle (pendant que monsieur surveille les bagages dans cet environnement inconnu et ennuyeux: il n’y a pas de jeep ni de hummer, en fait tout simplement pas de voitures) et lui indique grâce à quelque outil informatique en ligne où se trouve notre destination. Nous n’avons à marcher que quelques minutes avant de pouvoir nous établir dans un superbe motel, le Coronet Motel, où le couple posté la réception semble sorti d’un film d’horreur, tant leur sourire bienveillant et partant d’une oreille à l’autre donne l’impression que derrière se cache des êtres retors et malintentionnés. Difficile de décrire cette impression sans cette image. Notre chambre est très spacieuse, avec deux lits doubles, une grande de salle de bains et un espace bar-cuisine, ainsi que deux fauteuils en cuir situés près de l’entrée. Nous y serons à nos aises pendant la semaine, parfois demeurant plus longtemps que prévu au motel plutôt que de sortie.

Après avoir déballé nos affaires, nous allons souper dans le restaurant italien de l’autre côté de la rue: le Olive Garden. Un peu affamés par notre long voyage et les repas misérables auxquels nous avons eu droit, nous décidons de commander des entrées, du vin et un plat principal. La surprise est grande lorsque le serveur nous amène des plats de tailles respectueuses en guise d’entrée, ainsi qu’un immense saladier (une salade était offerte en accompagnement pour le plat de Sarah). Puis viennent nos repas, que nous ne touchons presque pas. A ce moment nous comprenons pour quelle raison les gens croisés en train de sortir à notre arrivée avaient tous des sacs en carton avec le logo du restaurant. Ainsi, avant le café, le serveur emballe nos restes, que nous réchaufferons quelques jours plus tard (dans la cuisine de la chambre, nous avons également un frigidaire et un micro-ondes).

Retour à l’hôtel et nuit réparatrice dans un excellent lit. Mais nouvelle difficile: Sarah veut se lever à sept heures du matin le lendemain.

PS: superbe lien que m’a envoyé Jérémie: cliquer ici. Je ne pense pas qu’il y ait de commentaire à ajouter.