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Hello! Nous sommes bien rentrés en Suisse, avons repris et commencé nos emplois respectifs, et déjà revu quelques amis. Peut-être est-ce un effet du décalage horaire: je ne parviens plus à dormir depuis 4h30 ce matin (a posteriori: je finis ce post une semaine après la rédaction de ce passage). J’ai essayé de lire un peu puis de me recoucher, mais rien n’y fait. Donc je suis descendu dans la salle à manger, ai feuilleté quelques pages d’une bande dessinée (officiellement “roman graphique“) puis ai pris la décision d’écrire la suite de ce blog. A aucun moment, bien évidemment, ai-je envisagé de la stopper au milieu de notre épopée, mais cela aurait facilement pu arriver. Je pense que chacun sait de quoi je parle. Je suis moi-même arrivé il y a quelques jours sur un blog dont les auteurs avaient comme nous fait un voyage de plusieurs semaines, comme nous relatés quelques événements de leur quotidien, et comme nous eu à subir un décalage croissant entre les événements vécus et leur rédaction. Le dernier article disait “nous sommes bien rentrés et impatient de vous raconter la suite” et s’arrêtait là, en janvier 2007. De notre côté, nous serons très heureux, plus tard, de pouvoir nous souvenir en détails de ce voyage. Et peut-être que quelques parents et amis s’intéressent à la suite de nos aventures…

De San Francisco…

En ce lundi, Sarah doit rencontrer les gens du laboratoire de robotique de l’université de Stanford. Inutile de préciser qu’elle est légèrement agitée et que nous devons nous lever très tôt. Nous nous rendons à pied à l’université, très proche de notre motel, et en profitons pour nous balader sur le campus. Celui-ci est très étendu, avec un nombre faible de batiments dépassant deux à trois étages. Le style de ces batiments est très particulier et rend l’endroit agréable à vivre. Ils sont en général construits en terre ocre ou brune, et les toits sont faits de tuiles rouges. L’ensemble est cohérent est offre un sentiment de quiétude, ajouté à une végétation importante et omni-présente, ainsi qu’à l’interdiction aux véhicules privés (à l’exception des vélos) de circuler.

De San Francisco…

Nous entrons dans le campus par le nord où se situent les installations sportives. Des terrains de football, rugby, des bassins de natation, un plongeoir et d’autres lieux de sports parsèment notre chemin: on se croirait dans un film (américain). Nous apercevons de loin le stade de football américain du club, que j’essaierai mais ne pourrai pas visiter. Une photo prise depuis la tour Hoover (la capacité du stade est de 50000 personnes et il y a un arrêt de train utilisé uniquement les soirs de match):

De San Francisco…

Nous arrivons ensuite sur la “Serra Mall”, une des routes importantes traversant le campus, et la longeons jusqu’au “Williams Gates Computer Science” building où se trouve le laboratoire. Malheureusement, le Professeur que Sarah doit rencontrer n’est pas encore arrivé et nous repartons nous balader, et grimpons notamment sur la tour Hoover qui nous permettra d’avoir un superbe aperçu du campus.

De San Francisco…

Et ça c’est le batiment des mathématiques:

De San Francisco…

De l’autre côté:

De San Francisco…

Nous allons également dans une des très nombreuses bibliothèques, afin de relever nos mails (!) et mettre à jour le blog (!!!), puis retournons au laboratoire où Sarah me quitte pour aller travailler. Je continue ma tournée sur le campus, et passe par le Stanford bookstore, où j’achète des souvenirs stupides à l’éfigie de l’école et quelques livres (dont Jimmy Corrigan: The Smartest Kid on Earth, une des oeuvres les plus sincères et puissantes que je connaisse). Puis je saute dans un bus au hasard et continue mon périple jusqu’à arriver au centre commercial de Stanford. En effet, nous avions prévu de faire des achats pour profiter de la mini-cuisine dans notre chambre et faire quelques économies et je veux savoir à quoi ressemble le centre commercial d’une université américaine.

Après avoir traversé un parking pour aller de l’arrêt de bus au centre commercial, je me trouve dans un alignement circulaire de magasins de luxe au milieu duquel trône un macy’s. Je cherche un simple supermarché et réalise peu à peu, tout en me déplaçant avec mes sacs encombrants, que ça va être difficile. Je quitte le centre et m’approche d’un batiment un peu à l’écart, après avoir traversé un immense parking et longé des magasins de complets masculins ou de parfums, qui se révèle être un magasin de meubles de luxe. Encore un peu plus loin, je trouve un supermarché. Bonne et mauvaise surprise: celui-ci se révèle être le pendant américain du supermarché de globus, soit des produits d’excellente qualité au prix de produits d’excellente qualité, bien exposés dans un cadre chatoyant.

Un petit moment plus tard, croulant sous les sacs de commissions, je me dirigie vers un arrêt de bus qui me dépose loin de notre hôtel, auquel j’arrive lessivé. En effet, passé un délai allant de quelques minutes à une ou deux heures, je fatigue à une vitesse croissant exponentiellement lorsque je dois faire les courses ou me déplacer en ville, à pied, en voiture ou en transports publics. Je m’énerve – ou m’agace – également très vite pendant ce temps. Dans ces conditions, le retour à la chambre est une délivrance. Pour des raisons purement masochistes (parce qu’il nous reste encore assez de linge propre), je mets tout notre linge sale dans un sac et retourne sur mes pas jusqu’à une laverie. L’endroit est un peu sale, mais je ne veux plus marcher. J’avais acheté de la lessive et était allé à la banque changer des dollars en quarter et bien évidemment, dans la laverie je trouve un changeur de dollars en monnaie, à côté d’un distributeur de de doses de lessive. Je patiente en lisant le San Francisco Bay Guardian, journal gratuit à l’information pertinente, avec de nombreuses bonnes critiques de disques, films et concerts à venir. Le genre de journal qu’on rêverait de voir remplacer les bouses que sont nos quotidiens et autres journaux gratuits, daily rock compris. Je rentre avec notre linge mouillé (l’argent mis dans les séchoirs ne sert visiblement qu’à les faire faire du bruit).

Sarah a laissé un message à la réception: le Professeur du laboratoire invite tout le monde le soir même à aller manger des sushis, moi compris. Nous nous y rendons en compagnie d’Allison et Roland, qui travaille dans le laboratoire et auparavant a étudié à l’EPFL. Allison a également étudié en Suisse avant de rentrer aux Etats-Unis avec Roland. Elle nous propose de nous mettre en contact avec Amber, sa petite soeur, qui habite à Brooklyn (nous dormirons chez elle quatre nuits). Au restaurant, les gens du laboratoire et toutes les autres personnes également invitées sont des plus gentils et drôles. Les sushis sont excellents (désolé, pas de photo) et je mange plein de trucs que je n’aurais jamais eu l’idée de commander, et qui se révèlent être très bons. Expérience à retenter. Puis nous allons dans le café situé en face. L’expresso y est excellent. Important! il faut toujours demander des expressos en Amérique, sinon la commande n’est pas vraiment du café, mais plutôt de l’eau chaude avec un goût de café. Et ça n’est pas bon. Et ça prend une heure à le finir parce qu’au début il est beaucoup trop chaud et ensuite beaucoup trop mauvais.

Roland et Allison nous ramènent en voiture et nous allons nous coucher après avoir noté qu’aucun de nos habits étendus au hasard ne semble être sec. Correction d’après mes notes: je prends environ trois heures pour écrire deux articles et ensuite vais me coucher. Sarah était très contente de sa journée, mais ça n’a pas suffi à la garder éveillée et elle dort depuis longtemps.

Nintendo nerditude

Hello!

Oui oui j’essaie de mettre à jour le blog. Peut-être même que je pourrai poster ce soir un article sur notre voyage (encore une quinzaine… ça va pas être facile). En attendant, j’ai cette superbe vidéo que je suis obligé de partager (merci Arnaud!) et qui devrait plaire – dans le désordre – à Francesco, Jérémie, Jim, Fabrice, et j’en oublie. C’est une chronique de dragon’s lair, sorti sur NES à l’époque où je ne savais pas encore résoudre d’équations différentielles (maintenant ça va un petit peu mieux).

http://www.gametrailers.com/player/28184.html

http://lgrm.blogspot.com/2007/08/angry-nintendo-nerd-mckids.html

Un dernier post pour la route: Sarah dort encore, et Greg, qui vient d’arriver et que je n’avais plus vu depuis une éternité, est allé se coucher. Il est parti hier à minuit de Seattle et ne peut pas dormir dans l’avion, tout comme moi. Donc j’en profite pour donner l’introduction à notre séjour dans la Silicon Valley.

Je m’imaginais difficilement la Silicon Valley avant d’y aller. Il s’y réalise des inventions incroyables et ça doit se voir un peu partout. Il doit y avoir des ordinateurs en libre accès, des gens avec des téléphones spéciaux et des gadgets électroniques, des plaquettes commémoratives un peu partout, les pavés des rues en or (ou en silicone), des rues avec des entreprises prestigieuses à la file, etc. En réalité, c’est propre. Et, surtout, il ne se passe rien: personne dans les rues, pas d’agitation, rien. Des successions de villes mortes, à l’exception des heures d’arrivée et de départ du travail, pendant lesquels un surplus de trafic apparait, et quelques quartiers qui s’agitent un peu le soir (rien comparé à San Francisco ou New York, voire même San Diego…).

Nous arrivons à San Jose, capitale de la Silicon Valley, où l’on trouve les sièges de Adobe et HP entre autres. La ville est une des dix plus grandes des Etats-Unis mais elle est très jeune: son développement rapide s’est fait grâce à l’incroyable croissance économique des entreprises du coin. Pour preuve: de tous les clubs sportifs importants de San Jose, le plus vieux existe depuis moins de vingt ans. Depuis la gare des greyhound, nous avons à marcher quelques centaines de mètres jusqu’au tramway – neuf et si propre qu’on se croirait à disneyland – pour enfin rejoindre la gare ferroviaire du CalTrain: un train qui relie San Jose à San Francisco.

La tradition du train s’est perdue aux Etats-Unis, nous avions déjà pu le remarquer lors de notre petit périple entre San Diego et Solana Beach. Pas d’horaires dans la gare ni sur les quais. Pas non plus de panneau indiquant les voies ou les destinations. Nous patientons sur le quai avant de voir arriver un train depuis le nord, donc provenant de San Francisco, la direction que nous devons prendre. Nous sommes plusieurs sur le quai et personne ne bouge. Intérieurement, c’est un peu la panique car nous ne nous sommes pas renseignés à l’avance du fonctionnement de cette ligne ferroviaire, et patientons depuis bientôt une demi-heure. Une employée surprend mon désarroi et nous indique que c’est bien le train en direction de San Francisco (San Jose est en réalité le terminus de la ligne 90% du temps) et nous y montons.

En observant une carte des lignes ferroviaires américaines, on peut remarquer que de nombreux tronçons sont isolés: par exemple, il n’y a pas de liaison entre Los Angeles et San Jose alors qu’il y a deux lignes faisant le sud et le nord de la côté ouest californienne, et qu’elles sont possédées par la même entreprise! Il n’y en a vraiment que pour la voiture et l’avion ici.

Nous décidons de l’arrêt auquel descendre selon l’intuition de Sarah. Les wagons sont composés de deux étages et plutôt bien adaptés aux personnes à mobilité réduite. Les contrôleurs sont plus sympathiques qu’au sud. Par contre, le train oscille énormément et, en comparaison, le trajet Neuchâtel-Bienne parait aussi confortable que de voyager en limousine (à condition que ce ne soit pas à New York). Dans le train, nous trouvons des prospectus dont celui des horaires, qui donne un peu de sens au fonctionnement de la ligne ferroviaire, ainsi qu’une brochure publicitaire pour les San Jose Sharks, équipe de hockey locale. Je réalise, à la vue de leur logo que j’ai porté une casquette à leur image pendant plusieurs années. C’était même ma première casquette fétiche.

Nous descendons à l’arrêt “California Avenue”, tout à fait désert: il n’y a pas de constructions, personne sur le quai et personne ne descendant du train. Nous marchons un peu jusqu’à atteindre quelques maisons et un giratoire, où il n’y a ni personnes ni voitures. Ni taxis. Ni carte de l’endroit. Après avoir tourné en rond quelques minutes (ni numéro de téléphone des taxis dans les cabines téléphoniques), Sarah prend l’initiative de demander à une femme portant un pull à l’effigie d’une université californienne dans quelle direction nous devons aller. Celle-ci l’invite chez elle (pendant que monsieur surveille les bagages dans cet environnement inconnu et ennuyeux: il n’y a pas de jeep ni de hummer, en fait tout simplement pas de voitures) et lui indique grâce à quelque outil informatique en ligne où se trouve notre destination. Nous n’avons à marcher que quelques minutes avant de pouvoir nous établir dans un superbe motel, le Coronet Motel, où le couple posté la réception semble sorti d’un film d’horreur, tant leur sourire bienveillant et partant d’une oreille à l’autre donne l’impression que derrière se cache des êtres retors et malintentionnés. Difficile de décrire cette impression sans cette image. Notre chambre est très spacieuse, avec deux lits doubles, une grande de salle de bains et un espace bar-cuisine, ainsi que deux fauteuils en cuir situés près de l’entrée. Nous y serons à nos aises pendant la semaine, parfois demeurant plus longtemps que prévu au motel plutôt que de sortie.

Après avoir déballé nos affaires, nous allons souper dans le restaurant italien de l’autre côté de la rue: le Olive Garden. Un peu affamés par notre long voyage et les repas misérables auxquels nous avons eu droit, nous décidons de commander des entrées, du vin et un plat principal. La surprise est grande lorsque le serveur nous amène des plats de tailles respectueuses en guise d’entrée, ainsi qu’un immense saladier (une salade était offerte en accompagnement pour le plat de Sarah). Puis viennent nos repas, que nous ne touchons presque pas. A ce moment nous comprenons pour quelle raison les gens croisés en train de sortir à notre arrivée avaient tous des sacs en carton avec le logo du restaurant. Ainsi, avant le café, le serveur emballe nos restes, que nous réchaufferons quelques jours plus tard (dans la cuisine de la chambre, nous avons également un frigidaire et un micro-ondes).

Retour à l’hôtel et nuit réparatrice dans un excellent lit. Mais nouvelle difficile: Sarah veut se lever à sept heures du matin le lendemain.

PS: superbe lien que m’a envoyé Jérémie: cliquer ici. Je ne pense pas qu’il y ait de commentaire à ajouter.

Hello (en vitesse) !

Impossible de tenir à jour notre blog (en retard dès sa création). Je préfère profiter de passer mon temps avec Sarah maintenant qu’elle en a fini avec ses activités robotiques. Les mises à jour viendront doucement, et j’espère pouvoir arriver une fois à la fin (les souvenirs disparaissent trop rapidement).

Information rapide sur notre actualité. Nous avons vécu depuis notre arrivée dimanche à Brooklyn, chez Amber, que nous avons rencontrée par Allison, sa soeur, mariée à Roland, que Sarah a rencontré à Stanford (et avec lesquels nous sommes allés voir le match de hockey – zut! pas encore eu le temps d’en parler – “San Jose Sharks – Dallas Stars”). Elle nous a incroyablement bien accueillis et nous nous entendons tous parfaitement (probablement le début d’une longue amitié). Nous sommes sortis quelques fois, entre autres au magnifique Barcade, un des meilleurs bars du monde (si c’est pas LE meilleur!), et ce soir au – superbe – concert de Broken Social Scene au Webster Hall de New York. Y était invité en guest star Scott Kanberg, guitariste de mon groupe préféré (mais défunt). Excellente surprise, sans compter que tout le monde a repris une chanson de ce groupe. L’ensemble du concert était grandiose et généreux.

Demain nous déménageons chez Sonia, soeur de Greg, un ami Américain que j’ai rencontré par Roman. Elle habite également sur Brooklyn, mais un peu plus au sud. En lui téléphonant hier soir, nous avons réalisé que Greg sera là en même temps que nous! Surprise totale (encore une!) et géniale soirée de clôture en perspective. “Clôture” car le lendemain, dimanche, nous prenons l’avion en fin d’après-midi depuis l’aéroport de Newark, New Jersey, pour arriver à 7h50 (du matin) à Genève et fermer cette boucle colossale de quatre semaines! Avant 10h nous sommes à la maison et allons nous coucher, puis concert le soir même et le lendemain matin je commence à travailler (enfin! après vingt-quatre d’attente…).

Je fais mon possible pour faire des mises à jour (comme à l’instant)!

A bientôt!

Yannick

PS: nouvelles photos sur picasa…

Tout un lot de nouvelles photos postées sur picasa (lien dans la marge de droite) prises à San Francisco, Palo Alto, Stanford, San Jose et New York.

Pour l’instant je suis trop fatigué pour faire d’autres mises à jour. Cette saleté de facebook vient de me faire perdre pas mal de temps et nous nous levons tôt demain pour aller visiter Ellis Island.

Nos meilleures pensées à tout le monde! Merci de venir lire ce blog :) C’est un exercice qui nous plait énormément et les visites d’amis et commentaires laissés font extrêmement plaisir et nous gardent motivés.

Nous serons de retour en Suisse lundi à 7h50 a.m ! D’ici là, nos meilleures salutations. Et j’espère que nous parviendrons à donner quelques mises à jour…

Yannick

J’ai du retard à rattraper, c’est pourquoi il y a plusieurs nouveaux articles postés en même temps. Ne pas hésiter à continuer à descendre la page après la lecture de celui-ci.

Nous avons réservé le soir précédent deux places dans un bus greyhound joignant Los Angeles à San Jose et devons nous lever tôt: Jonas, excellent hôte (hello Jonas! Merci encore!), nous amenant en voiture à la station Greyhound de Los Angeles après être tous aller acheter de l’eau et des bagels. Adieux déchirants comme d’habitude puis nous rentrons dans la file pour patienter une bonne demi-heure jusqu’à l’embarquement. Pendant ce temps, nous pouvons observer les personnes fréquentant la station de bus. Ceux-ci vont de la famille peu aisées voyageant par bus aux sans-abris hantant la station. Il y a également quelques voyageurs sac au dos, mais ils sont plus rares. L’ambiance est plutôt triste, mais une journée de transit est rarement l’occasion de s’amuser (hé hé!). Petite excitation inutile: un autre bus part pour Tucson et Calexico (origines du groupe et du nom du groupe “Calexico”) en Arizona.

Nous montons dans le bus plein et allons occuper les deux derniers sièges adjacents de libre. Les gens sont très étranges, causants pour des sujets très banals et nous ne ferons connaissance avec personne. La route est des plus monotone, Sarah lit et écoute de la musique tandis que j’écris quelques lignes pour le blog (part 14). En général, nous voyons de superbes paysages: des lacs (San Luis Reservoir, …), de vastes champs, mais à la longue, et en tenant compte des parties désertes, on s’ennuie. Escale dans un succulent burger king, où je craque. Après avoir rapidement fait le choix de prendre un veggie burger (burger végétarien), je craque à la dernière seconde et commande un burger mutant bacon-viande-fromage et frites (grasses) et coca (à volonté). Gloups. Pour la petite histoire, je mange les burgers depuis un temps très restreint suite à une aversion qui remonte à ma plus tendre enfance. Dans mon plus jeune âge, il n’y avait de MacDonald’s (à ma connaissance) qu’à Villeneuve et à Lausanne (une légende urbaine disait même que le second vendait de la bière) avant que la Placette subisse une rénovation et accueille un MacDo en son sein. Ma Maman, très prévenante et soucieuse de la question diététique m’apprit (et en ce temps-là, ce qu’on me disait je savais le retenir. Une majorité de mes préjugés – et j’en collectionne un nombre impressionnant, ce qui n’est pas pratique dans le contexte actuel – date de mon enfance) que les burgers MacDo étaient très “mauvais pour la santé” (ce qui est vrai, au passage). Petit problème: j’assimilai cela à tous les burgers (mignon aveuglement de cet âge: je mangeais les steaks hachés avec bonheur) et refusai pour très longtemps d’en manger dès après avoir gouté un burger MacDo, le gout sucré du pain m’ayant affolé et ayant inconsciemment et sans beaucoup de raison enclenché la validité de l’équation “burger = mort”. Ma seconde bouchée dans un burger s’est faite chez “Dangerous Dan” (merci Dan! Voir part 5) et depuis j’en ai englouti plusieurs, qui visuellement s’accumule jour après jour depuis ce moment en une sensuelle ceinture de graisse.

Après six heures de voyage, nous arrivons à San Jose, ville très propre, et nous posons pour la première fois la question du voyage jusqu’à Palo Alto, notre prochain escale.

Nous partons poser nos affaires chez Jonas, sur Venice Boulevard. Son appartement est grand, très lumineux et depuis le hall d’entrée on entre dans la cuisine par une porte de saloon. Et il y a une piscine à l’extérieur.

Nous sortons sur Santa Monica pour aller manger et sortir. Le parcage au bord de la route est une entreprise à très haut risque (Jonas en est d’ailleurs un expert) et nous optons finalement pour un bête parking à cinq étages et dont nous n’avons pas encore compris l’architecture: en prenant la mauvaise direction au troisième, on se retrouve obligé de descendre au premier avant de pouvoir tenter une nouvelle montée. Nous rejoignons une grande rue piétonne (dont j’ai oublié le nom, mais surement très célèbre vu l’affluence) et après l’avoir parcourue deux fois en lisant les menus à l’extérieur des restaurants (et mon ventre est doucement en train de se transformer en bouteille de Klein: j’adore cette image), nous entrons finalement dans un restaurant “asiatique” gigantesque, tout comme la file d’attente, et obtenons une table tout de suite en allant manger dehors. Excellent repas, puis nous sortons dans un pub irlandais avec un groupe jouant au fond et retransmis dans tout le bar par des télévisions à écran plat donnant une image dégueulasse manifestement produite par une médiocre webcam. Plusieurs filles semblent… hem… pas très “naturelles”. Marrant. Nous buvons quelques verres, Jonas fait la rencontre d’un Américain ayant voyagé en Suisse (on en rencontre plein partout, mais difficile de savoir si tout le monde ici a entendu parler, voire est venu en Europe, ou si ce sont des contextes particuliers et notre accent reconnaissable à l’autre bout de la planète qui nous valent ces témoignages) et nous quittons le bar pour un autre, un peu plus loin, où je prends cette jolie photo:

Encore quelques verres, des discussions très intéressantes et retour à la maison où Sarah et moi nous écroulons tandis que Jonas et Florian se concoctent une after pâté-bière:

Avant d’aller me coucher, j’apprends avec effarement que le noir et blanc numérique est une blague. En effet, sur pellicule argentique, le noir et blanc donne un résultat très précis, ce qui explique la préférence qui lui est souvent donné sur la couleur. Mais les appareils numériques ne fonctionnant pas selon les mêmes réactions chimiques, le noir et blanc numérique n’est qu’un filtre appliqué à la photo prise en couleur. Autrement dit, je perdrais moins d’informations à faire mes photographies en couleur, puis à appliquer un filtre noir et blanc (ou sépia) si j’en ai envie. Et tout d’un coup je n’ai plus envie de noir et blanc, tout me dégoute et je me sens un peu con. Le problème de la compression de la musique avec ou sans perte était déjà angoissante, maintenant c’est pire. D’où, sauf erreur, et inconsciemment, moins de photographies depuis San Francisco (mais avec plus de sujets intéressants ça équilibre leur nombre et on n’y verra que du feu). Mais je m’y remets peu à peu. Merci Jonas ;)

Yo La Tengo joue ce soir-là dans la ville de Los Angeles, mais c’est un peu trop compliqué de s’y rendre. Ils auront joué à San Francisco avant que nous n’y arrivions, et à San Diego après. Sale tendance (zéro concert à Toronto, deux à San Diego, un à San Francisco et deux projetés à New York) qui nous poursuit depuis le début du voyage et devrait continuer cette semaine jusqu’à notre retour en Suisse (trois concerts dans les quarante-huit heures après notre arrivée).

PS: la photo sur picasa montrant Jonas à côté d’une immense jeep est une blague, of course, Jonas étant un garçon très bien.

Très bien arrivés à Brooklyn! Accueil excellent! Et nous allons enfin pouvoir passer du temps ensemble, Sarah et moi. Et je vais pouvoir lui montrer cette ville que j’adore. Mais après San Francisco, je ne la vois plus de la même manière.

Retour à San Diego. Nous nous réveillons chez Karl, où j’ai dormi à la dure, mais le réveil se fait facilement. Karl nous cuisine d’excellents pancakes avec des framboises, ainsi que des fruits rouges chauds et du sirop d’érable à rajouter soi-même. Excellent petit déjeuner, et qui nous suffira jusqu’à très tard.

En attendant l’arrivée différée de Travis et Brian (retard dû à une surconsommation d’alcool du premier le soir précédent :) ), nous descendons à la plage avec Karl, mais le vent est très fort, il fait froid, et nous sommes heureux d’apprendre que Travis vient nous chercher dans quelques minutes. L’attente chez Karl se fait devant quelques parties de Mario Kart 64 tout à fait appropriées, puis départ en voiture.

Durant le voyage, sur l’interstate 405 (je crois qu’elle a des records de fréquentation) et ses cinq ou six pistes, nous discutons beaucoup avec Brian – qui est d’ascendance française et apprend la langue en autodidacte – qui nous explique que son voisin, quand il habitait à San Francisco, était français. Celui-ci apparaitra plus tard. Il nous parle également de la ville et de son voyage l’année prochaine en Europe où nous espérons pouvoir le revoir. Nous discutons aussi – comme toujours entre Européens et Nord-Américains – de nos différences culturelles, des grosses voitures ridicules qui sont de mise aux Etats-Unis, etc, avant de recevoir un appel de Jonas (ex-collègue de Sarah en Suisse, qui travaille maintenant à Los Angeles, et qui nous accueille pour la nuit) qui a tenté de nous atteindre par Karl avant d’être redirigé. Nos guides et lui prennent rendez-vous dans un fast-food près de l’autoroute où nous retrouverons, après trois à quatre heures de voiture, Jonas et Florian, doctorant à l’EPFL venu à la conférence de San Diego comme nous (enfin, comme Sarah).

A signaler encore: les désastres causés par le feu de par et d’autre de l’autoroute.

Le texte de cet après-midi. Beaucoup à raconter et de moins en moins de temps à disposition…

Nouveau voyage et nouveau folklore: j’écris dans l’avion (de San Francisco à New York) et l’exercice est tout sauf pratique. Après cette première ligne de texte, la douleur a déjà envahi mes bras.

Dernier jour de la conférence: Sarah assiste à un workshop qui se révèlera être très intéressant, et j’essaie de profiter de cette dernière journée. Sarah est déjà partie quand j’émerge doucement de mon sommeil. Je range les affaires trainant encore dans la chambre, puis descend avec nostalgie prendre mon dernier “breakfast” dans cet hôtel. Pour l’occasion, je m’offre un traditionnel “bacon & eggs” avec un jus d’orange. Ensuite, descente des bagages depuis la chambre et dépôt dans la consigne (raconté dans cet ordre on sait que j’ai eu le temps de me brosser les dents). Puis sortie à l’air libre pour profiter une dernière fois de San Diego.

Je me suis préparé un programme de choix: Balboa Park et visite de quelques musées là-bas. J’y monte en bus, sors trop tôt et dois traverser les parkings. Enfin, j’arrive au “museum of san diego history” qui s’avère bien fait, mais trop court et ne me réserve pas les surprises prévues: le musée aborde les sujets de l’immigration, la ruée vers l’or, le chemin de fer, la Californie, tout ce qui fascine le visiteur étranger à la côte ouest en somme, mais si brièvement que la visite se termine en une petite vingtaine de minutes. Puis vient le tour, après un milk-shake écoeurant, du “museum of photographic arts”. Celui-ci consiste en de nombreuses expositions de photographies (ainsi que vidéo, peinture, etc. mais en plus petit nombre) faites sur commande et un fonds permanent (qui n’est pas accessible: merci le guide ne pas l’avoir précisé). Je démarre la visite par une séance de photographies dans un photomaton d’époque. Le résultat est excellent, avec quelques taches et des couleurs légèrement passées. Puis vient la visite, avec quelques bonnes surprises (des artistes scandinaves pour la plupart des bonnes surprises, avec des photographies de paysages désolés notamment ou des sujets végétaux) et d’autres oeuvres plutôt inintéressantes. Je m’attendais à des photos d’archives de la ville de San Diego (ma passion pour l’histoire…) mais la visite était quand même plaisante. Pour finir, le musée correspondant le moins à mes attentes des trois: le “railroad museum”, au sous-sol.

Ca commence par la boutique/caisse où un homme avec un grand sourire et un regard un peu vide, touchant, tient fébrilement un gros paquet de tickets et m’accueille en bégayant légèrement le prix du ticket: six dollars pour un adulte, trois pour un étudiant (!). Puis vient la visite, et là où je pensais avoir droit à une histoire du chemin de fer aux Etats-Unis (ou au moins la Californie), j’hérite d’un musée sur l’histoire du chemin de fer en modèle réduit, ainsi qu’une dizaine de maquettes (entre trente et quarante mètres de long pour la plus grande), avec plus de deux kilomètres de chemin de fer d’après le guide (maintenant je comprends comment ça pouvait tenir dans un musée, en plus au sous-sol!). Alors je prends le temps de me balader tranquillement en suivant les rails dessinés au sol. Sur la première maquette, deux trains tournent en boucle, en parcourant une faible proportion des voies. Il y a également un tramway fonctionnant avec de minuscules câbles électriques suspendus au-dessus de la route (ce que dit un panneau). Après quelques maquettes, je remarque que le personnel responsable du musée est composé uniquement de personnes retraitées, demeurant aux centres des reproductions et regardant les trains passer. Lorsque je demande à l’un d’entre eux ayant l’air plutôt actif si je peux prendre des photos, celui-ci me répond très enthousiaste que je peux et dois tout photographier, tâche dans laquelle j’ai failli. Toutes ces personnes unies par la même passion étaient émouvantes. J’ai essayé de prendre quelques photos, mais notre appareil d’entrée de gamme a peiné pour les gros plans ou ceux de trains en mouvement. De ce fait, je crains que vous ne puissiez pas partager l’émotion de l’endroit. Et en plus des maquettes, de nombreuses publicités pour les trains “Lionel” (“Makes the son feel like a man, makes the father feel like a boy”) occupent les murs, ainsi que des coupures de presse relatant quelques faits marquants dans l’histoire du chemin de fer américain au vingtième siècle, comme cette femme qui s’est battue pour devenir conductrice de train malgré une très forte discrimination, avant d’obtenir son poste en faisant appel à la constitution américaine.

Je sors du musée avec la tête ailleurs, vite fatigué par la lumière du soleil (c’est le sud, et il fait toujours vingt-cinq degrés), prend le bus, puis le trolley, prend une photo de la bannière étoilée “Proud to be an American” (que vaut le voyage d’un Européen aux Etats-Unis sans son inévitable lot de photos du drapeau) et rentre dans un “Smoothie King”.

Le Smoothie King est un fast-food (mais pas vraiment) très intéressant: leurs produits sont des cocktails que l’on choisit pour leur fonction – plus d’énergie, plus de concentration, prendre du poids, substitut de repas, etc. – avant d’en choisir l’arôme. La recette est récurrente: deux ou trois arômes en sirop, du sorbet, de la glace (eau à l’état solide) et… des protéines (en poudre) !!! Miam. Le résultat est sympa mais écoeurant après le premier décilitre (à choix, environ: 5 décilitres, 7.5 décilitres ou 10 décilitres). Mais maintenant je me sens un peu plus fort, et gonflé. D’ailleurs il faudra que j’en vienne une fois à ce sujet, tant mon ventre prend une forme effrayante à force d’avaler des burgers.

A cinq heures et demi, rendez-vous avec Sarah à l’hôtel pour récupérer les bagages et rejoindre Karl, qui nous attend devant l’entrée. Karl est un ami Américain que nous avions rencontré par un site internet appelé couchsurfing.com dont le rôle est de mettre en contact des gens du monde entier cherchant à se loger chez l’habitant lors d’un voyage, et gratuitement. L’automne passé, il avait demeuré quelques jours à Lausanne au milieu d’un périple qui l’avait fait passer par l’Océanie (Australie, …), l’Asie et l’Europe (Grèce, Suisse, Allemagne, Autriche, …). Sarah ayant présenté son papier pour cette conférence à San Diego, sa ville, nous étions restés en contact. On charge les bagages et départ chez lui, puis Pacific Beach, une des plus belles plages de la région, et rendez-vous de la vie alternative de San Diego (je pouvais la chercher longtemps: nous sommes à plus de dix kilomètres du centre et de notre hôtel). Et aussi rendez-vous des surfeurs, assez comiques (oups! pardon). Nous nous baladons un moment, mangeons d’excellents tacos, Sarah achète des t-shirts et nous nous rendons dans un seven/eleven pour amener de l’alcool à la soirée à laquelle nous sommes invités le soir-même. Erreur de ma part et bonne blague des Américains: ma carte d’identité n’est bien sûr pas acceptée (il faut le passeport) et on me refuse l’achat d’une bouteille de vin. Je serais resté dehors, ou aurait laissé Sarah l’acheter en étant deux mètres en arrière, pas de problème. Mais suite à cette grossière erreur stratégique, Sarah n’a pas non plus le droit d’acheter de bières. Autre épisode marrant: nous traversons la route en dehors d’un passage piéton, quand nous voyons arriver une voiture de police. Karl, pris de panique (Hello Karl!), nous fait revenir sur le trottoir et nous invite à marcher, comme si de rien n’était. Il s’avère que le piéton a la priorité sur la voiture, sur les passages piétons, mais en dehors il est amendable (et ça rigole peu, très peu, avec la police).

Nous allons acheter du vin et des bières un peu plus loin et nous rendons à la fête après être allés chercher une connaissance francophone (et russophone!) de Karl. En tout, quarante minutes de voiture, chose inimaginable en Suisse. Il ne servirait à rien de taxer l’essence ou de prendre des mesures contre l’utilisation des voitures ici: les villes sont conçues autour de l’automobile et on ne peut pas vivre sans. Rien ne devrait changer avant longtemps. Au moins pourraient-ils commencer par ne plus acheter leurs conneries d’immenses 4×4 longs comme huit smarts et autres hummers obscènes. Avec des routes larges de quatre voies minimum, des températures élevées toute l’année, nul besoin de ces horreurs. Travis (ironiquement): “here, big is beautiful”. Et à Los Angeles c’est pire.

Donc (trop de Conrad implique trop d’ellipses, d’ailleurs le routard (umf) prétend que Joseph Conrad est un modèle pour les beatniks… à vérifier, reprenons: Donc, ) nous allons chercher Galina et nous rendons à la fête où nous faisons la rencontre d’amis de Karl et d’amis d’amis (de Karl). Quelques verres, fléchettes, basketball à la télévision et tout le monde en voiture (on récupère l’alcool amené et non entamé, autre différence dans nos cultures) pour aller à la “Library” (fr: bibliothèque), bar en banlieue, introuvable pour quelqu’un qui n’est pas du quartier. Les Américains appellent ça un “Dive-bar” (“dive” en fr: chuter). Le mois précédent, la “Hoegaarden”, bière du mois, était à deux dollars la chope, cinq dollars le “refill” toute la soirée (la chope est remplie gratuitement au bar) et pour un dollar supplémentaire on repart avec le verre.

Nous passons une excellente soirée et, l’alcool aidant, fraternisons plus amplement avec les personnes présentes. Entre autres: dégustations de cocktails “à l’américaine” (jägermeister-redbull, si si! les Américains raffolent du jägermeister et pleins d’entre eux arborent des t-shirts de la marque. Et à propos de jägermeister, cliquer sur ce lien pour voir une des pages d’accueil les plus hilarantes jamais vues), parties de billard et méditation en écoutant le choix délicieux fait au juke-box, alternant entre death-metal et speed-metal.

Le lendemain, Travis et Brian font route pour Los Angeles et proposent à la sortie du bar de nous prendre en passant. Rendez-vous est pris et nous allons nous coucher (comme moi là tout de suite).

Ce jeudi ne va prendre longtemps à raconter. Sarah est malade: je lui tiens compagnie et en profite pour me reposer. Le soir venu, nous allons chez urban outfitters acheter les t-shirts que nous avions remarqués au debout de la semaine, mais que nous n’avions pas osés acheter. Puis nous décidons d’aller au cinéma, en accord avec l’esprit de la journée. “Superbad” se révèle être excellent, et très drôle. Un film sur les adolescents et la fin de l’année scolaire, mais (presque) à l’opposé des daubes commerciales habituelles. D’ailleurs j’en viens à me demande à qui s’adresse le film.

Nous soupons en bas de notre hôtel. Portions trop chargées comme partout sur ce continent, à l’exception de George, puis nous nous rendons à la gare “Santa Fe Station” pour nous rendre au concert des Polyphonic Spree. Attention! Quand aux Etats-Unis un artiste dit sur sa page web qu’il joue dans une ville, ça ne signifie pas forcément qu’il est facile de se rendre au concert quand on habite le centre de cette ville. En l’occurence quarante minutes de train à l’aller et cinquante dollars de taxi au retour.

La gare est très belle et l’ambiance très étrange. Tout d’abord, il faut s’enregistrer comme lorsqu’on prend l’avion: passeport, billets nominaux, check-in des bagages avec une rampe (mais nous n’en avons pas). Ensuite, les passagers font la queue alors que le train est arrêté à deux pas. Il y a des contrôleurs en nombre qui crient des ordres et sinon attendent sans rien faire. Deux minutes avant le départ, la queue avance et les gens montent dans le train, ce qui est peu pratique puisque tout le monde attendait à l’arrière. En attendant sur tout le quai, on monterait plus facilement dans tous les wagons. Nous avons même droit à un cri de terreur mélangé à de la haine de la part d’une contrôleuse lorsqu’un jeune fou ose marcher sur le bande jaune (large d’environ huitante centimètres) située au bord du quai (à ce moment le train est A L’ARRET). Paranoïaque.

Nous descendons du train à Solana Beach, de nuit, et essayons de trouver la salle d’après un plan googlemaps (faux). Anecdote amusante: je tiens un plan quelconque à la main lorsqu’un homme parlant au téléphone nous dépasse, se retourne, protège l’émetteur de son appareil et nous demande s’il peut nous aider à nous diriger (à ce moment nous ne savions pas encore que nous étions sur la mauvaise voie: il était simplement généreux et attentionné d’une manière à laquelle on n’est pas habitué de la part d’un inconnu). Plus tard nous trouvons la salle: la belly up tavern. Le groupe en première partie n’est pas bon. Le second non plus. Puis un grand drap rouge est tiré d’un bout à l’autre de la scène et les instruments sont mis en place derrière.

La musique s’éteint et une ombre vient découper un coeur au centre du drap, puis revient une minute plus tard et le déchire. Alors apparaissent les musiciens, plus nombreux que ce que je pensais, et plus nombreux que dans n’importe quel autre groupe “pop” ou “rock” ou “indé” ou ce qu’on veut. Ils sont vingt-deux: le chanteur, une flûtiste, un pianiste, un batteur, un percussionniste, un clavier/bidouilleur de sons, un harpiste, deux violonistes, une violoncelliste, trois joueurs de cuivres (trompettes, clairon, clarinette, trombone à coulisse, etc.), deux guitaristes, un bassiste et six choristes chantant et dansant sur une double estrade. Le résultat est époustouflant, le chanteur est fascinant, la musique est riche et dense tout en évitant d’être brouillonne. De plus, les musiciens semblent très heureux de se produire et leur bonheur est communicatif. Nous sommes très heureux d’avoir fait le déplacement, malgré les frais annexes (train + taxi). Au rappel, très long, le chanteur descend chanter dans le public tandis que le groupe reprend lithium de Nirvana. La reprise est parfaite, nous achetons quelques disques et rentrons à l’hôtel sur un nuage (mes oreilles siffleront quand même pendant plusieurs jours. Manifestement pas encore de loi pour ça ici).

Malheureusement, j’avais laissé la batterie de l’appareil photo dans le chargeur, que j’avais, lui, laissé à l’hôtel.

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