Je réfléchis beaucoup au poste que je vais occuper à l’Université de Lausanne et les quelques années à venir dans un nouvel environnement. Je vais découvrir une nouvelle matière de zéro, et rester fortement lié géographiquement aux Mathématiques, à l’enseignement, à Sarah et à mes Amis à l’EPFL… Pour l’instant tout me semble parfait. Et les quelques ouvrages que j’ai lus m’offrent le sentiment que je suis pendant très longtemps passé à côté d’une science évidente et qui va m’intéresser énormément. J’espère pouvoir y satisfaire ma curiosité (qui devrait croitre tout au long de mes avancées) et réaliser des travaux dont je serai fier. Me demande ce qui va venir ensuite…
Je viens de lire dans Le Temps que le fromage à raclette ne deviendrait pas une AOC sous prétexte que c’est un plat avant d’être un fromage. Je me le disais aussi.
Nous nous levons tôt, je prends un excellent petit déjeuner (j’ai toujours oublié de mentionner l’excellent jus d’orange, à ajouter aux précédents et également aux suivants). Aujourd’hui, Sarah a deux présentations prévues (consulter son article) et elle est tout aussi stressée que le jour précédent, la diminution de la crainte de se rendre à la conférence étant compensée par la double prise de parole dans la journée. De mon côté, j’ai écrit tard (depuis Toronto, et pour profiter au maximum des moments où nous sommes ensemble, j’écris après qu’elle se soit couchée…) et donc, logiquement, je me lève tard.
Je commence par m’inquiéter car je ne trouve pas l’argent de notre compte commun (compte où nous déposons autant d’argent l’un que l’autre pour ne pas avoir à nous prendre la tête ensuite au moment de payer). Je descends déjeuner puis remonte et reprends la fouille. Je prends finalement la décision de sortir, tout en sachant que cette argent disparu va me porter malchance: après avoir passé tout le début de ma vie à perdre des millions d’objets, je suis parvenu à redéfinir mon comportement de manière à ce que cela cesse, ce qui a globalement réussi, et cet évènement extraordinaire ne peut être qu’un avertissement, et pas de bon augure.
Premier but de la journée: acheter des billets de concert pour Yo La Tengo à New York, imprimer les billets du concert des Polyphonic Spree dans un cyber-café. A l’entrée du horton plaza, on trouve un plan du centre commercial. Premier effet de la malédiction, je le lis à l’envers, et passe environ trente minutes à marcher entre des magasins inintéressants, des trottoirs peuplés de personnes louches et finalement à travers le parking du centre commercial qui n’a pas d’ascenseurs à tous les étages et dans lequel je déambule aux côtés de gros 4×4 pour revenir à mon point de départ, le cyber-café en étant à quelques mètres. Je sens qu’il se passe quelque chose…
Après avoir imprimé les billets, je me rends au guichet d’art tix, sorte de ticketcorner local. “i’d like to buy some tickets for a new york show”. “you can’t do that here”. “but it’s written here on your desk (je pointe du doigt) that you sell tickets from ticketmaster!”. “we sell only tickets for the west coast. if you want to buy tickets for a New York show, you have to buy them on internet or in New York”. Et elle quitte le guichet. Je me console en allant acheter beaucoup de dvds (en box) au magasin le plus proche et rentre à l’hôtel et ne trouve toujours pas l’argent (oui, j’aurais voulu l’insulter mais ne l’ai pas fait, et oui, j’aurai voulu lui frapper la tête contre la vitre de son guichet mais ne l’ai pas fait: j’ai préféré la méthode zen).
Puis je sors dans l’intention d’emprunter le San Diego Coronada Bay Bridge, prends le tramway pour me rendre au sud du downtown, et monte dans le bus (la malédiction se réveille à ce moment), qui part dans le mauvais sens (l’affichage étant déficient, il notait la direction OPPOSEE). Arrivé au terminus, je dois même en descendre pour le reprendre de l’autre côté de la rue, le règlement étant là pour être respecté. Après quarante-cinq minutes environ, je me retrouve à mon point de départ et fais très attention à ne pas descendre du bus pour garder la bonne direction. Quelques insoutenables minutes plus tard, nous passons le pont, qui est encore plus impressionnant de près. L’altitude s’explique par la présence de base militaires tout autour et de la nécessité de pouvoir laisser passer leur navires, ainsi que les bateaux de croisière.
On longe ensuite le Coronado Hotel (apparaissant dans le film “certains l’aiment chaud” avec Marilyn Monroe et Tony Curtis) puis la plage et l’océan sur plusieurs kilomètres. Je descends pour faire mon baptême du Pacifique (part11) et prend un de bus suivants, le tramway et rentre à l’hôtel. Bien sûr, je n’oublie pas d’oublier ma clé aux toilettes et dois attendre que quelqu’un passe pour m’ouvrir la porte (ce sont des clés électroniques et les portes sont automatiquement fermées). La malédiction a bientôt fini de frapper (c’est aussi la fin de la journée me direz-vous).
Sarah doit rentrer tard car elle présente sa vidéo et assiste au concours jusqu’à 18h. En attendant, j’essaie de regarder la télévision, mais c’est assez déprimant: il n’y a que chaines télévisées diffusant en boucle des résumés de manifestations sportives de quelques secondes alternés avec des publicités pénibles, de chaines de talk-shows nullissimes avec des publicités et des chaines de publicités. Et à mon grand regret on ne capte pas FoxNews: ça m’aurait au moins diverti
Sarah rentre toute fatiguée et malade (stress + air conditionné) et nous restons à l’hôtel. Elle retrouve l’argent et la malédiction disparait. Ensuite, j’imagine que j’ai essayé de mettre le plus à jour possible le blog. Peut-être même que j’ai pu rattraper un jour de retard.

