Ce jeudi ne va prendre longtemps à raconter. Sarah est malade: je lui tiens compagnie et en profite pour me reposer. Le soir venu, nous allons chez urban outfitters acheter les t-shirts que nous avions remarqués au debout de la semaine, mais que nous n’avions pas osés acheter. Puis nous décidons d’aller au cinéma, en accord avec l’esprit de la journée. “Superbad” se révèle être excellent, et très drôle. Un film sur les adolescents et la fin de l’année scolaire, mais (presque) à l’opposé des daubes commerciales habituelles. D’ailleurs j’en viens à me demande à qui s’adresse le film.
Nous soupons en bas de notre hôtel. Portions trop chargées comme partout sur ce continent, à l’exception de George, puis nous nous rendons à la gare “Santa Fe Station” pour nous rendre au concert des Polyphonic Spree. Attention! Quand aux Etats-Unis un artiste dit sur sa page web qu’il joue dans une ville, ça ne signifie pas forcément qu’il est facile de se rendre au concert quand on habite le centre de cette ville. En l’occurence quarante minutes de train à l’aller et cinquante dollars de taxi au retour.
La gare est très belle et l’ambiance très étrange. Tout d’abord, il faut s’enregistrer comme lorsqu’on prend l’avion: passeport, billets nominaux, check-in des bagages avec une rampe (mais nous n’en avons pas). Ensuite, les passagers font la queue alors que le train est arrêté à deux pas. Il y a des contrôleurs en nombre qui crient des ordres et sinon attendent sans rien faire. Deux minutes avant le départ, la queue avance et les gens montent dans le train, ce qui est peu pratique puisque tout le monde attendait à l’arrière. En attendant sur tout le quai, on monterait plus facilement dans tous les wagons. Nous avons même droit à un cri de terreur mélangé à de la haine de la part d’une contrôleuse lorsqu’un jeune fou ose marcher sur le bande jaune (large d’environ huitante centimètres) située au bord du quai (à ce moment le train est A L’ARRET). Paranoïaque.
Nous descendons du train à Solana Beach, de nuit, et essayons de trouver la salle d’après un plan googlemaps (faux). Anecdote amusante: je tiens un plan quelconque à la main lorsqu’un homme parlant au téléphone nous dépasse, se retourne, protège l’émetteur de son appareil et nous demande s’il peut nous aider à nous diriger (à ce moment nous ne savions pas encore que nous étions sur la mauvaise voie: il était simplement généreux et attentionné d’une manière à laquelle on n’est pas habitué de la part d’un inconnu). Plus tard nous trouvons la salle: la belly up tavern. Le groupe en première partie n’est pas bon. Le second non plus. Puis un grand drap rouge est tiré d’un bout à l’autre de la scène et les instruments sont mis en place derrière.
La musique s’éteint et une ombre vient découper un coeur au centre du drap, puis revient une minute plus tard et le déchire. Alors apparaissent les musiciens, plus nombreux que ce que je pensais, et plus nombreux que dans n’importe quel autre groupe “pop” ou “rock” ou “indé” ou ce qu’on veut. Ils sont vingt-deux: le chanteur, une flûtiste, un pianiste, un batteur, un percussionniste, un clavier/bidouilleur de sons, un harpiste, deux violonistes, une violoncelliste, trois joueurs de cuivres (trompettes, clairon, clarinette, trombone à coulisse, etc.), deux guitaristes, un bassiste et six choristes chantant et dansant sur une double estrade. Le résultat est époustouflant, le chanteur est fascinant, la musique est riche et dense tout en évitant d’être brouillonne. De plus, les musiciens semblent très heureux de se produire et leur bonheur est communicatif. Nous sommes très heureux d’avoir fait le déplacement, malgré les frais annexes (train + taxi). Au rappel, très long, le chanteur descend chanter dans le public tandis que le groupe reprend lithium de Nirvana. La reprise est parfaite, nous achetons quelques disques et rentrons à l’hôtel sur un nuage (mes oreilles siffleront quand même pendant plusieurs jours. Manifestement pas encore de loi pour ça ici).
Malheureusement, j’avais laissé la batterie de l’appareil photo dans le chargeur, que j’avais, lui, laissé à l’hôtel.